Le Faubourg Saint-Jean est depuis toujours un village au cœur de la ville de Québec. Il importe d’abord de bien comprendre ce que signifie le mot faubourg pour comprendre la subtilité de son histoire. Ce terme désigne la partie d’une ville située à l’extérieur de son enceinte. À l’époque de la Nouvelle-France, le Bourg (ville fortifiée) ouvrait ses portes au lever du jour pour les refermer à son coucher laissant ainsi les habitants des faubourgs avoisinants sans service, ni protection militaire. Précisons également que l’histoire de la rue Saint-Jean intra-muros (le Vieux-Québec) et extra-muros (le Faubourg Saint-Jean) est différente mais combien complémentaire. Cette rue comprend deux zones distinctes offrant aux visiteurs un regard différent sur l’histoire de la ville de Québec.
La rue Saint-Jean fût nommée ainsi en l’honneur de Jean Bourdon. Cartographe et ingénieur-arpenteur, il s’installe en Nouvelle-France en 1640 et aménage en 1667 le chemin de Saint-Jean reliant sa terre à la ville fortifiée. Sa terre portait le nom de fief Saint-Jean et était située dans l’actuel quartier Montcalm. Il donna également son nom à la porte Saint-Jean et au Faubourg Saint-Jean. La rue Saint-Jean fût, dès 1737, le point de départ du Chemin du Roy, seule route carrossable reliant Québec à Montréal.
Dès les débuts du 18ième siècle, des artisans s’installent aux portes de la ville fortifiée, le long de la rue Saint-Jean. Ces habitations seront détruites et reconstruites à plusieurs reprises. Tout d’abord en 1745, pour permettre le réaménagement des remparts et de nouveau en 1775, lors du siège de Québec par les Américains luttant pour l’indépendance, afin d’éviter que l’ennemi ne s’y abrite. Il faudra attendre le retrait définitif des troupes britanniques pour que le peuplement et le développement commercial du Faubourg Saint-Jean connaissent un véritable essor.
Au 19ième siècle, le Faubourg sera dévasté par de terribles incendies. Deux d’entres eux seront particulièrement significatifs pour son histoire. Le grand feu de 1845 où ont brûlé deux églises, trois écoles et près de 1 300 maisons laissant des milliers de personnes sans abri. Cette catastrophe aura toutefois permis l’élargissement de la rue Saint-Jean, l’aménagement du rez-de-chaussée des immeubles en y privilégiant de larges vitrines et l’accélération de la construction d’un système d’aqueduc à Québec. Une autre date fatidique pour le Faubourg Saint-Jean fut l’incendie de 1881. En sept heures, les flammes auront raison de l’église Saint-Jean-Baptiste, de 1 200 maisons et jettant à la rue plus de 5 000 personnes. Suite à ce désastre, la ville améliorera son système d’aqueduc et interdira le bois comme matériau de construction. De plus, une seconde église Saint-Jean-Baptiste sera érigée suivant les plans de l’architecte Joseph-Ferdinand Peachy, résidant du Faubourg. Cette église demeure encore aujourd’hui le joyau du Faubourg et l’une des plus belles églises de Québec. Elle est, depuis sa création, un point de repère immanquable du centre-ville de Québec. La présence militaire et les épidémies marqueront aussi le développement du Faubourg Saint-Jean.
De plus, à partir du 19e siècle, plusieurs communautés culturelles vont composer le Faubourg Saint-Jean ; l’architecture, les noms de rues et les deux églises en sont les témoins.
Aujourd’hui encore la diversité dans toutes ses subtilités fait partie intégrante du Faubourg Saint-Jean. Cette mixité, ces tragédies et ce développement commercial élaboreront en quelque sorte le visage qu’on lui connaît de nos jours. Depuis toujours, les mots unique, authentique et chaleureux demeurent ses marques de noblesse. Aujourd'hui, le Faubourg Saint-Jean est riche de son histoire et résolument tourné vers l’avenir. Venez y découvrir son passé et y partager le moment présent.